mercredi 9 novembre 2016

Homélie Dédicace de la Basilique de Saint Jean de Latran



Homélie Dédicace de la Basilique de Saint Jean de Latran
Carmel de Saint-Maur - Père Maurice Boisson  

                Jésus parlait du temple de son corps… et eux, les juifs, parlaient du bâtiment…
Le bâtiment (église, basilique, chapelle, cathédrale…) est un signe visible de la présence de Dieu au milieu de la vie des gens, lieu de la prière, des rassemblements des chrétiens, qui accompagnait le rythme et les étapes de la vie humaine des gens.  Construit au coeur de la cité, du village, ou comme ici, d’une communauté religieuse, d’un monastère, le temple, au temps du Christ, était ce signe de la présence de Dieu, au milieu de son peuple et le lieu des relations, de communion de ce peuple avec son Dieu. Ce qui explique ce geste de Jésus : « On ne fait pas de la maison de mon Père un hypermarché! » Mais la nouveauté et l’actualité ne sont pas essentiellement là.
                Elles sont dans la révélation que le temple, c’est lui, Jésus ! En parlant du temple, il parlait de son corps. Et son corps, c’est nous, ses disciples, son Église, l’humanité…
Paul pourra dire : «  Vous êtes le corps du Christ » « Vous savez sûrement (pas si sûr ! ) que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous. » (1Co3,16)
« Le temple de Dieu, c’est vous », c’est nous !
                Voilà la nouveauté et aussi l’actualité de cet Évangile. Le véritable bâtiment-église, lieu et signe de Dieu, c’est nous-mêmes, la communauté des chrétiens, au milieu de la vie du monde. « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes ».

                Alors, ce geste prophétique du Christ, dans notre Évangile, ne concerne pas seulement les bâtiments mais les communautés qui se réclament de lui.
                Aujourd’hui, chez nous, il y a de plus en plus d’églises qui deviennent signe d’un passé, parce qu’il ne s’y passe plus grand chose… Qu’en faire ? entend-on ou lit-on ici ou là. Mais, est-ce qu’il y a des chrétiens qui soient signes visibles, par leur vie ensemble, de la présence du corps du Christ dans un lieu ou dans la vie. 
                Nous sommes les pierres vivantes de ce temple nouveau qu’est le corps du Christ que nous formons et que nous construisons. Il ne suffit pas d’avoir un beau monument : église, cathédrale, chapelle, basilique, s’il n’y a pas de communautés, si petites soient-elles. Il n’est pas nécessaire qu’elles soient aussi imposantes que les bâtiments mais qu’elles soient signes du Christ, de l’Évangile : repères (comme le sont nos églises dans l’espace) dans la recherche actuelle de Dieu. Comme aimait à le dire le Père Yves Patenôtre (ancien évêque du diocèse du Jura) : « Il s’agit moins de faire nombre que de faire signe ! », signe de ce temple nouveau qu’est le corps du Christ. Il parlait du temple de son corps, il parlait… de nous. 
« Dieu avec nous, Dieu en nous, nous sommes le corps du Christ » (chant d’entrée K145).

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