Sainte Thérèse d’Avila – 15
Octobre 2014 - Carmel de Saint-Maur
Père Maurice Boisson
Au bord d’un puits !
C’est là que commencent les grandes missions d’amour de la Bible. En allant
faire boire ses troupeaux au puits, Jacob rencontre celle qui sera sa femme, Rachel ;
mais pour abreuver ses bêtes, Jacob a dû soulever une énorme pierre qui
obstruait le puits.
Arrivant avec sa cruche vers
le puits de Jacob, cette femme de Samarie (cf. Jean 4,5-15) pensait que sa vie
à elle était loin d’être un beau roman d’amour ; elle aussi, elle avait
une énorme pierre à soulever, qui fermait l’accès de son cœur : un passé
trop pesant, dans l’échec de ses amours successifs.
Assis au bord de ce puits,
Quelqu’un était là et las, Quelqu’un qui n’aurait pas dû être là, en territoire
dangereux, en pleine chaleur de midi, sans rien pour puiser de l’eau, entrant
en conversation avec une femme de mauvaise réputation.
Dieu est parfois – et souvent
– là où on ne l’attend pas, dans son humanité qui a marqué la spiritualité de
Thérèse. Cet homme – Jésus – a rencontré Thérèse au bord du puits de son désir
profond de rencontrer l’Amour de Dieu, d’envie de le partager. Il nous attend
et nous rencontre, avec nos cruches, nos vies peut-être compliquées, nos
désirs, nos pensées, nos relations, notre esprit, toute notre existence qui a
besoin d’eau vive, du don que le Christ fait de lui-même - le don de l’Amour du
Père, de sa sagesse – c’est la première lecture (cf. Sagesse 7,7-14) - non pas le don d’être bien sage et bien gentil
« comme une image », mais la sagesse qui est en nous le reflet de la
lumière, de la bonté, de l’intelligence de Dieu.