Homélie Pentecôte 2014
Carmel de Saint-Maur - Père
Maurice Boisson
« Souffle sur le
feu ! » - disaient nos parents quand celui-ci s’éteignait doucement
dans le fourneau. On soufflait sur la braise, et le feu repart avec de belles
flammes, comme renaissant des cendres.
Quand le courage ou l’énergie
intérieure deviennent une petite braise fragile, le souffle d’une parole, d’une
présence, d’un geste, ravive la flamme. Le feu repart ; ça reprend.
Un feu de braise se consumait
encore dans leur cœur. Ils s’étaient rassemblés à l’étage de la maison du
Cénacle, à Jérusalem – les amis de Jésus ; ils attendaient que se réalise
la promesse d’une force, d’une lumière, d’une présence.
Ils avaient encore des
doutes, des braises fumantes en attente d’un souffle qui les réanimerait. C’est
ce qui restait de ce feu qu’un jour leur ami Jésus avait allumé dans leurs yeux
et leurs cœurs enthousiastes.
Qui n’a pas connu cette
attente ? Cette espérance ? Quand le feu baisse ?
Soudain, arrive « comme un violent coup de vent »
- dit le récit de la Pentecôte dans la première lecture (Actes, 2,1-11). Un « souffle », nous dit l’Evangile
(Jean 20,19-23) : Jésus « répandit
sur eux son souffle et il leur dit : ‘Recevez l’Esprit Saint. » (v.22)
Un souffle sur les braises
encore fumantes de leurs – de nos – peurs. Ils s’étaient verrouillés, enfermés,
pas seulement les portes, mais les cœurs, les esprits. Quand on a peur, on se
ferme. Quand on se ferme, on a peur, on est inquiet. S’il n’y a plus la paix
intérieure, le Christ ressuscité fait sauter les verrous. Il est là, au milieu
d’eux - au milieu de nous -, apportant, avec sa présence libérante, une parole
de tendresse : « La paix soit
avec vous ! » (Jean 20,19.21)