dimanche 31 octobre 2010

Ces bienheureux du quotidien


Ces bienheureux du quotidien

Ils sont nombreux, les bienheureux qui n´ont jamais fait parler d´eux
Et qui n´ont pas laissé d´image. Tous ceux qui ont, depuis des âges,
Aimé sans cesse et de leur mieux, autant leurs frères que leur Dieu !

Ceux dont on ne dit pas un mot, ces bienheureux de l’humble classe.
Ceux qui n’ont pas fait de miracle, ceux qui n’ont jamais eu d’extase
Et qui n’ont laissé d’autre trace qu’un coin de terre ou un berceau.

Ils sont nombreux, ces gens de rien, ces bienheureux du quotidien
Qui n´entreront pas dans l´histoire. Ceux qui ont travaillé sans gloire
Et qui se sont usé les mains, à pétrir, à gagner le pain.

Ils ont leurs noms sur tant de pierres, et quelquefois dans nos prières.
Ils sont dans le cœur de Dieu !

Robert LEBEL

samedi 30 octobre 2010

Litanie des saints

Litanie des saints

Une belle prière en ce jour de fête de Tous les Saints


Fête de la Toussaint
Prière universelle

Refrain : W 67 Bienheureux, bienheureux, ceux qui cherchent la paix de Dieu,
Bienheureux, bienheureux, ils habitent le cœur de Dieu.

- Quand ton Eglise semble minoritaire et pauvre, redis-lui Seigneur, qu’elle porte en elle les germes de la Vie Eternelle et la joie du monde.

- Quand les hommes de bonne volonté luttent pour la justice et la paix, montre-leur Seigneur, dès aujourd’hui, les fruits de leurs efforts et leur dignité de fils de Dieu.

- Quand des hommes, des femmes, des enfants, pleurent, sont persécutés ou insultés, annonce-leur Seigneur, la joie et la consolation de ceux qui partagent ta vie et ta victoire.

- Quand nous n’avons que la force de la douceur et de la miséricorde pour te révéler au monde, rends-nous heureux de notre faiblesse Seigneur, car Toi-même tu nous soutiens et nous exauces.

Horaire Messe 2 Novembre


2 Novembre au Carmel de Saint-Maur messe pour les défunts à 8h00

Origine de la Toussaint dans l'Eglise



Origine de la
Toussaint
comme fête
de l'Église

Qu’est-ce qui rend la Toussaint si importante pour qu’on en célèbre la Vigile la veille (« Eve ») et la Fête le jour même?

L'Église a toujours honoré les premiers témoins de la foi chrétienne qui sont morts dans le Seigneur. (Le mot grec pour «témoin» est martyr.) Au cours des trois premiers siècles les chrétiens ont été fortement persécutés, ils ont souvent subi des tortures et la mort sanglante - parce qu'ils étaient fidèles . Ils ont refusé de renier le Christ, même lorsque ce refus aurait pu sauver leur propre vie, ou la vie de leurs enfants et les familles.

L'histoire des débuts de l'Église est remplie d'histoires héroïques de la foi de ces témoins de la vérité du Christ. Les histoires de ces saints - ces chrétiens baptisés de tous âges et de tous milieux, que leur fidélité et leur courage ont conduit à la sainteté – sont devenus des modèles pour tous les autres chrétiens à travers l'histoire.
Plus tard l'Eglise a canonisé beaucoup de personnes dont les noms et l’histoire sont connus, (l’Église a reconnu officiellement que la vie de ces personnes a été sans aucun doute sainte, ou sanctifiée - un "saint" est un exemple pour nous)
Mais il y a eu des milliers de martyrs au début du christianisme, dont la majorité des noms sont connus de Dieu seul - et tout au long de l'histoire de l'Eglise il y a eu d'innombrables personnes qui ont vraiment été saintes, qui sont avec Dieu dans le ciel, même si leur les noms ne sont pas sur la liste des saints canonisés.
Afin d'honorer la mémoire de ces saints anonymes, et de rappeler leur exemple, l'Eglise leur a consacré un jour de fête particulière - une sorte de «journée de commémoration" - afin que tous les chrétiens célèbrent par une messe spéciale la vie et le témoignage de ceux «qui sont morts et qui nous a précédés auprès du Seigneur".
Cette fête que nous appelons la Toussaint est issue d'une fête de tous les martyrs, dans le courant du 4ème siècle. Au début, elle a été célébrée le premier dimanche après la Pentecôte.
Puis on la célébra le 13 mai lorsque le pape Saint-Boniface IV (608-615) restaura et reconstruisit pour l’utiliser comme église chrétienne un ancien temple romain que la Rome païenne avait dédiée "tous les dieux", le Panthéon. Le pape y ré-enterra les ossements de nombreux martyrs et dédia cette Eglise à la Mère de Dieu et à tous les saints martyrs, le 13 mai 610.
Environ cent ans plus tard, le pape Grégoire III (731-741) consacra une nouvelle chapelle de la basilique Saint-Pierre à tous les saints (et pas seulement aux martyrs) le 1° Novembre et il fixa la date anniversaire de la dédicace à cette même date.
Un siècle plus tard, le pape Grégoire IV (827-844) étendit la célébration de la Toussaint au 1° Novembre à toute l’Eglise.

La veille de cette fête importante, la Vigile de Tous les Saints, (All Hallows Eve = Hallowe’en), a été semble-t-il célébrée en même temps que la fête elle-même pour christianiser des rites celtiques.
(Les druides fêtaient alors le 31 Octobre la fête de Samhain « fin des étés »pour marquer la fin de l’année et le début de l’année nouvelle. A cette occasion comme ils pensaient que les âmes des morts erraient dans les rues et les villages la nuit, ils cherchaient à se les rendre favorables par des cadeaux et diverses pratiques).

La Toussaint est l'une des fêtes importantes de l'Eglise catholique. C'est un jour de fête de précepte, ce qui signifie que tous les catholiques sont invités à aller à la messe ce jour-là.
Cette fête est l'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus. La sainteté n'est pas réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ, elle nous concerne tous!

vendredi 29 octobre 2010

Thérèse d'Avila , Vie 37, extraits



Thérèse d'Avila Vie, Chapitre 37, extraits

Avec l'Ordre du Carmel qui se prépare au V° centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila), nous vous proposons une découverte pas à pas de son autobiographie.

...depuis que Notre Seigneur m'a fait connaître combien grande est l'inégalité qui existe dans le ciel entre la félicité des uns et celle des autres, je vois bien que, sur la terre il n'y a pas non plus, quand il le veut, de mesure à ses dons. Aussi voudrais-je n'en voir mettre jamais dans le dévouement à une si haute Majesté.

Mon désir serait de consumer ma vie, mes forces, ma santé à son service, et de ne point perdre, par ma faute, le moindre degré de jouissance dans le ciel…car je vois que plus on le connaît, plus on l'aime et on le loue. Sans doute, je m'estimerais trop heureuse, après avoir mérité la dernière place en enfer, d'occuper la dernière place du paradis; et plaise à sa divine Majesté de me la donner un jour, sans considérer la grandeur de mes péchés! elle userait envers moi de la plus grande miséricorde; mais j'affirme que, si je le pouvais, et si le Seigneur me donnait sa grâce pour endurer d'extrêmes souffrances, je ne voudrais, quoi qu'il dût m'en coûter, rien perdre par ma faute. Infortunée! J'avais cependant, par mes nombreux péchés, tout perdu pour jamais…
Un simple regard sur la divine image que je porte gravée au fond de mon âme, me rend souverainement libre. Tout ce que je vois, loin de me captiver, excite mon dégoût, quand je le compare aux grâces et aux excellences que je découvre en ce divin Maître. Non, il n'y a ni science, ni félicité sur la terre qui soit de quelque prix a mes yeux, auprès du bonheur d'entendre une seule parole proférée par cette bouche divine…

Plus Notre Seigneur se montrait à moi, plus je sentais croître mon amour pour lui et ma confiance en sa bonté. Ses fréquents entretiens me le faisaient connaître d'une manière plus intime; je voyais qu'étant Dieu et homme tout ensemble, il ne s'étonne pas des faiblesses des hommes; il sait toute la profondeur de notre misère, et à combien de chutes nous sommes exposés, par suite du péché de nos premiers parents, qu'il est venu réparer. Je sentais que je pouvais traiter avec ce souverain Seigneur comme avec un ami, parce qu'il ne ressemble pas à ceux de la terre, qui mettent toute leur grandeur dans l'appareil d'une puissance empruntée. On ne leur parle qu'à certaines heures, et il n'y a que les personnes qualifiées qui les approchent…
O Roi de gloire et Seigneur de tous les rois! votre empire n'est point défendu par de frêles barrières, car il est éternel. Oh! comme, sans introducteur, on peut arriver jusqu'à vous!…nous pouvons traiter avec vous de tous nos intérêts, et vous parler au gré de nos désirs…

Je viens de passer huit jours dans cette obscurité; je ne trouvais plus en moi ni sentiment de mes obligations envers Dieu, ni souvenir de ses grâces; mon esprit était frappé d'impuissance, et absorbé par je ne sais quoi. Je n'avais assurément nulle mauvaise pensée, mais je me sentais si incapable d'en avoir de bonnes, que je riais de moi-même, et prenais plaisir à voir la bassesse d'une âme, quand Dieu suspend en elle son opération…elle a beau mettre du bois, et faire de son côté le peu qui est en son pouvoir pour allumer le feu de l'amour divin, aucune flamme ne monte. C'est déjà une grande miséricorde de la part de Dieu, que la fumée paraisse, et montre qu'il n'est pas entièrement éteint. Notre Seigneur l'allume ensuite de nouveau; mais jusque-là, quand on se romprait la tête à souffler et à arranger le bois, on ne ferait que l'étouffer davantage. Je crois que le meilleur alors est d'avouer franchement que l'on ne peut rien par soi-même, et de s'employer, comme j'ai dit, à d'autres œuvres méritoires. Peut-être Notre Seigneur enlève-t-il à l'âme l'oraison, afin qu'elle se livre à ces œuvres, et connaisse par expérience le peu dont elle est capable par elle-même.

Il est certain qu'aujourd'hui j'ai goûté de grandes délices auprès de Notre Seigneur: j'ai osé me plaindre de lui, et je lui ai dit: Eh quoi! mon Dieu, n'est-ce donc pas assez que vous me teniez dans cette misérable vie; que, pour l'amour de vous, je m'y soumette, et que je veuille vivre dans cet exil où tout m'empêche de jouir de vous, le manger, le dormir, les affaires, les rapports avec le monde? Vous seul connaissez la grandeur de ce tourment; et néanmoins, ô mon Seigneur, je l'endure pour l'amour de vous: faut-il encore que, dans ces rares instants où je pourrais jouir de votre présence, vous vous dérobiez à ma vue? Comment cela peut-il s'allier avec votre miséricorde? Comment l'amour que vous avez pour moi peut-il le tolérer? Seigneur, s'il m'était possible de me cacher de vous, comme vous de moi, votre amour, j'en suis sûre, ne le souffrirait jamais. Mais vous êtes toujours avec moi, et vous me voyez toujours. Mon tendre Maître, une pareille inégalité est trop cruelle; considérez, je vous en supplie, qu'elle n'est pas juste envers celle qui vous aime d'un si ardent amour…

Vous pouvez lire le texte intégral de ce chapitre 37de sa Vie en cliquant ici
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Fête de la Toussaint Heure Messe


Fête de la Toussaint Eucharistie à 9h00 au Carmel de Saint-Maur

Prière universelle 31° dimanche C


Prière universelle du 31° dimanche C

Refrain : Appelle-nous Seigneur, appelle-nous.

- Frères, nous dit saint Paul, nous prions continuellement pour vous afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé.
Prions pour l’Eglise, pour chacun de ses membres, qu’ils s’ouvrent toujours plus à la grâce, et que leur vie manifeste la miséricorde de Dieu envers tous les hommes.

- Zachée, dit Jésus, descends vite, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi.
Prions pour les responsables des nations qui perçoivent l’appel des peuples au dialogue et à la paix. Qu’ils s’engagent avec empressement dans la construction d’un monde plus juste et fraternel.

- Aujourd’hui le salut est entré dans cette maison dit Jésus.
Prions pour les hommes de toutes conditions, que chacun ose partager non seulement ses richesses matérielles mais aussi ses richesses de cœur, d’accueil, d’écoute, d’entraide, afin que nous vivions tous en frères dans une humanité réconciliée.

- Que Dieu rende active votre foi, ainsi notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous et vous en Lui nous dit saint Paul.
Prions pour notre assemblée, pour nos malades et nos absents. Que cette eucharistie vécue au nom de tous, nous fortifie dans la foi, l’espérance et la charité, pour que Dieu soit glorifié en nous.

jeudi 28 octobre 2010

Thérèse d'Avila, Vie 36, extraits


Thérèse d'Avila Vie, Chapitre 36, extraits

Avec l'Ordre du Carmel qui se prépare au V° centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila), nous vous proposons une découverte pas à pas de son autobiographie.

Le soir même de mon arrivée ici (Avila), nous reçûmes les dépêches de Rome et le bref pour l'établissement de notre monastère …Je trouvai dans la ville l'évêque, le saint frère Pierre d'Alcantara et ce vertueux gentilhomme (François de Salcédo) qui le logeait chez lui, les serviteurs de Dieu trouvant toujours dans sa maison asile et bon accueil. Ils s'employèrent tous deux auprès de l'évêque, et le déterminèrent à prendre sous sa juridiction le nouveau monastère. Comme il devait être fondé sans revenus, la faveur demandée au prélat n'était pas petite; mais il était si affectionné aux personnes en qui il voyait une ferme résolution de servir Dieu, qu'il se sentit aussitôt disposé à nous aider…
Tout se fit dans le plus grand secret, et si l'on ne s'y fût pris de la sorte, je ne sais si on aurait pu rien exécuter, tant la ville était opposée à un tel dessein, comme la suite le fit voir.
A cette époque, Notre Seigneur envoya une maladie à un de mes beaux-frères, sa femme étant absente de cette ville, il se trouvait dans un tel a
bandon, qu'on me permit de demeurer auprès de lui. Ainsi l'on ne se douta de rien… Chose admirable! la maladie de mon beau-frère ne dura que le temps nécessaire à notre affaire; et lorsqu'il fut besoin qu'il recouvrât la santé, pour que je pusse retrouver ma liberté et que lui-même pût quitter la maison, Notre Seigneur la lui rendit si soudainement qu'il en était émerveillé.
Enfin, tout étant prêt pour la fondation, il plut à Notre Seigneur que le jour même de la fête de saint Barthélemy, quelques filles prissent l'habit, et que le très saint Sacrement fût mis dans notre église; et ainsi se trouva légitimement érigé, en l'année 1562, avec toutes les approbations requises de l'autorité, le monastère de notre glorieux père saint Joseph
Ce fut pour moi un avant-goût de la gloire céleste, de voir cette petite maison honorée de la présence du très saint Sacrement, et de remédier à la nécessité de quatre pauvres orphelines, grandes servantes de Dieu, en les recevant sans dot. Dès le principe, j'avais désiré que les premières qui entreraient fussent, par leur exemple, le fondement de cet édifice spirituel, et propres à réaliser le dessein conçu par nous de mener une vie très parfaite et de très grande oraison…
Trois ou quatre heures après la cérémonie, le démon me livra un combat intérieur dont je vais parler. Il me mit dans l'esprit que peut-être j'avais offensé Dieu dans ce que j'avais fait, et manqué à l'obéissance en fondant ce monastère sans l'ordre de mon provincial… D'autre part, les religieuses que je venais de recevoir vivraient-elles contentes dans une si étroite clôture? Le nécessaire ne leur manquerait-il point? Cette fondation n'était-elle pas une folie? Pourquoi m'étais-je engagée dans cette entreprise, moi qui pouvais si bien servir Dieu dans mon couvent?...
Le démon présentait tout cela à mon esprit, sans qu'il me fût possible de penser à autre chose; et il répandait en même temps dans mon âme une affliction, une obscurité, des ténèbres, que je ne saurais dépeindre. Me voyant dans cet état, je m'en allai devant le très saint Sacrement, bien que je fusse incapable de former une prière
Ce fut là, je puis le dire, un des moments où j'ai le plus souffert dans ma vie… Mais Notre Seigneur ne voulut pas laisser souffrir davantage sa pauvre servante, et il fut fidèle à m'assister dans cette tribulation, comme il l'avait fait dans toutes les autres. Par un rayon de sa lumière il me découvrit la vérité… Pourquoi craindre? J'avais désiré des croix, je devais me réjouir d'en trouver de si bonnes à porter; plus la répugnance était grande, plus le profit serait considérable; enfin, pourquoi devais-je manquer de courage dans le service de Celui qui m'avait comblée de bienfaits?
Cette tempête étant calmée, j'aurais bien voulu prendre un peu de repos après midi… Mais cela fut impossible. Déjà la nouvelle de ce qui venait d'avoir lieu excitait une grande rumeur tant dans la ville que dans mon couvent… La prieure m'envoya l'ordre de revenir sur-le-champ; je partis sans délai, laissant mes religieuses plongées dans la peine. Je prévoyais bien des tribulations; mais comme le monastère était fondé, j'en étais fort peu émue. J'élevai mon âme à Dieu pour lui demander son assistance, et je suppliai mon père saint Joseph de me ramener dans sa maison, lui offrant ce que j'aurais à endurer, et m'estimant fort heureuse de le souffrir pour son service…
La ville porta l'affaire au conseil du roi; il en vint un ordre de dresser une enquête exacte de tout ce qui s'était fait, et voilà un grand procès commencé...
Cette tempête dura près de six mois; mais le détail de nos souffrances dans cet intervalle serait trop long à rapporter…
L'émotion de la ville commençait à se calmer: le père présenté dominicain, auquel nous nous étions d'abord adressées (Pierre Ybañez), sut alors, quoique absent, si bien ménager les esprits, qu’il nous fut d'un très grand secours… il négocia si bien par certaines voies auprès de notre père provincial, que, contre toute espérance, celui-ci me permit dès lors de venir, avec quelques religieuses, habiter le nouveau monastère, afin d'y célébrer l’office divin et d'instruire celles qui y étaient déjà…
La joie que j'éprouvai le jour où nous y entrâmes fut inexprimable. Avant de pénétrer dans la maison, je m'arrêtai à l'église pour faire oraison: là, étant presque en extase, je vis Notre Seigneur Jésus-Christ qui me recevait avec un grand amour, et qui, en me mettant une couronne sur la tête, me témoignait sa satisfaction de ce que j'avais fait pour sa très sainte Mère. Un autre jour, tandis qu'après complies nous étions toutes en oraison dans le chœur, la très sainte Vierge m'apparut, environnée d'une très grande gloire, et revêtue d'un manteau blanc sous lequel elle nous abritait toutes
Nous n'eûmes pas plus tôt commencé à faire l'office, que le peuple fut touché d'une grande dévotion pour ce monastère. Nous reçûmes de nouvelles religieuses. Notre Seigneur changea le cœur de ceux qui nous avaient le plus persécutées; ils se montraient pleins de dévouement à notre égard, et nous faisaient l'aumône, approuvant ainsi ce qu'ils avaient tant condamné…
Plaise à Notre Seigneur que tout soit à son honneur et à sa louange, comme à l'honneur et à la louange de la glorieuse Vierge Marie, dont nous portons l’habit! Amen.

Vous pouvez lire le texte intégral de ce chapitre 36 de sa Vie en cliquant ici

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mercredi 27 octobre 2010

Une seule famille humaine, Benoit XVI


« Une seule famille humaine »

Message du PAPE BENOÎT XVI

pour la 97ème JOURNÉE MONDIALE du MIGRANT et du RÉFUGIÉ

Envisager le monde comme « une seule famille de frères et de sœurs dans des sociétés qui deviennent toujours plus multiethniques et interculturelles… Tous, appartiennent donc à une unique famille, migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Eglise. C’est ici que trouvent leur fondement la solidarité et le partage…
Le monde des migrants est vaste et diversifié. Il est constitué d’expériences merveilleuses et prometteuses, ainsi que, malheureusement, de nombreuses autres, dramatiques et indignes de l’homme et de sociétés qui se qualifient de civiles. Pour l’Eglise, cette réalité constitue un signe éloquent de notre époque, qui souligne de façon encore plus évidente la vocation de l’humanité à former une seule famille et, dans le même temps, les difficultés qui, au lieu de l’unir, la divisent et la déchirent. Ne perdons pas l’espérance et prions ensemble Dieu, Père de tous, afin qu’il nous aide à être, chacun en première personne, des hommes et des femmes capables de relations fraternelles; et, sur le plan social, politique et institutionnel, afin que s’accroissent la compréhension et l’estime réciproques entre les peuples et les cultures. »


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dimanche 24 octobre 2010

Thérèsed'Avila,Vie 35, extraits


Thérèse d'Avila Vie, Chapitre 35, extraits
Avec l'Ordre du Carmel qui se prépare au V° centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila), nous vous proposons une découverte pas à pas de son autobiographie.
Tandis que j'étais chez cette dame, auprès de laquelle je restai plus de six mois, il arriva, par une disposition de la Providence, qu'une béate de notre ordre qui habitait à plus de soixante-dix lieues d'ici, entendit parler de moi. Passant par la région où j'étais, elle fit un détour de quelques lieues pour me voir…
Je ne savais point encore qu'avant la bulle de mitigation, notre règle défendit de rien posséder, et mon intention était de fonder le nouveau monastère avec des revenus, afin d'éviter le soin de procurer le nécessaire… Elle ne m'en eut pas plus tôt parlé, que j'entrai dans son sentiment. Je n'avais pas l'ombre d'un doute que ce ne fût là le plus parfait; j'aurais même souhaité, si mon état me l'eût permis, demander l'aumône pour l'amour de Dieu, et n'avoir ni maison ni quoi que ce soit en propre. Mais j'appréhendais que, si Dieu ne mettait pas au cœur de mes compagnes les mêmes dispositions, cette pauvreté ne fût pour elles une source de peines et de distractions…



Je cherchai, selon ma coutume, à m'éclairer auprès d'un grand nombre de personnes, et je n'en trouvais presque aucune de mon avis… mais en retournant à l'oraison et en considérant Jésus-Christ en croix, pauvre et dépouillé de tout, je ne pouvais souffrir d'être riche, et je le suppliais avec larmes de tout disposer de manière que je me visse pauvre comme lui
J'en écrivis à ce religieux dominicain qui nous était si dévoué (Pierre Ybañez). Il m'envoya deux feuilles de papier pleines de raisons de théologie pour me détourner de mon dessein… Je lui répondis que je ne prétendais point me prévaloir de la théologie pour me dispenser de vivre selon ma vocation, et d'accomplir le plus parfaitement que je pourrais le vœu de pauvreté que j'avais fait, afin de suivre les conseils de Jésus-Christ; qu'ainsi je le priais sur ce point de me faire grâce de sa science.
C'était un grand plaisir pour moi de rencontrer quelqu'un qui fût de mon sentiment. Cette dame chez qui j'étais, m'y fortifiait…Cette dame désirant voir le saint frère Pierre d'Alcantara qu'elle n'avait jamais vu, le Seigneur permit qu'à, ma prière, il voulût bien venir chez elle. Cet homme de Dieu avait un grand amour pour la pauvreté; il l'avait religieusement pratiquée durant plusieurs années, et il en comprenait les richesses; ainsi, non seulement il approuva mon dessein, mais il m'ordonna de travailler de tout mon pouvoir à le faire réussir…
Un jour, tandis que je recommandais très instamment cette affaire à Notre Seigneur, il me dit de ne renoncer en aucune manière à fonder le monastère sans revenus

Il plut également au divin Maître de changer le cœur du présenté (licencié en théologie)… Après le suffrage de tels hommes et les paroles du divin Maître, je n'avais plus rien à souhaiter; ma joie était au comble: avec ma résolution de vivre d'aumônes pour l'amour de Dieu, il me semblait que j'étais déjà maîtresse de tous les trésors du monde.



En ce temps-là, mon provincial révoqua l'ordre qu'il m'avait donné, en vertu de la sainte obéissance, de me rendre auprès de cette dame; mais il me laissait libre de partir aussitôt ou de demeurer encore quelque temps avec elle. Précisément à cette époque on devait faire l'élection d'une prieure dans notre monastère, et l'on me donnait avis que plusieurs des sœurs songeaient à m'imposer le fardeau. La seule pensée de ce dessein me jeta dans une peine indicible; je sentais que j'aurais souffert avec joie tout autre martyre pour l'amour de Dieu; mais je ne pouvais me résoudre à m'exposer à celui-là…Tandis que j'étais ainsi pleine de joie de me trouver éloignée de tout ce bruit, Notre Seigneur me dit de ne pas manquer de partir; puisque je désirais des croix, une bonne m'était préparée; je ne devais pas la refuser, mais partir avec courage et sans délai; lui-même m'aiderait. Cet ordre m'affligea beaucoup, et je ne faisais que pleurer, dans la pensée que cette croix était la charge de prieure… J'en parlai à mon confesseur, et il m'ordonna de hâter mon départ, me disant qu'évidemment c'était le parti le plus parfait…
Mais Notre Seigneur avait d'autres desseins, et il fallut s'y soumettre. Je me trouvais dans un trouble extrême, et dans une entière impuissance de faire oraison; je n'exécutais pas, me semblait-il, le commandement que m'avait fait Notre Seigneur; je refusais d'aller m'offrir à la tribulation, et je restais pour mon plaisir dans un endroit où j'étais bien traitée; tout mon dévouement pour Dieu se réduisait à des paroles; pouvant, par mon retour, lui plaire davantage, pourquoi balancer à partir? Après tout, si je devais en mourir, que j'en mourusse!...

Témoin de ma peine, et cédant comme moi à l'inspiration de Dieu, mon confesseur me dit de ne plus différer mon départ. Je suppliai donc cette dame de vouloir bien y consentir…
Sachant la vive peine que cette séparation lui causait, je regardais comme une merveille qu'elle voulût y consentir; mais comme elle avait une grande crainte du Seigneur, lorsque je lui dis entre autres choses qu'il y allait de son service, et lui donnai quelque espérance de revenir la voir, elle se rendit enfin, quoique avec beaucoup de peine. Pour moi, je n'en avais point de partir, car je comprenais que c'était là le plus parfait et que le service de Dieu le demandait; aussi la joie de le contenter me rendait facile le sacrifice de quitter cette dame…Je voyais que j'allais en quelque sorte me jeter dans un feu; et au reste, Notre Seigneur m'en avait prévenue; il m'avait annoncé une grande croix, que jamais, il faut le dire, je ne me serais figurée si pesante; et malgré tout cela, je partais non seulement joyeuse, mais impatiente d'entrer dans ce combat où Dieu m'engageait, et pour lequel il animait ma faiblesse d'un si grand courage.

O Dieu de mon âme, avec quel éclat se montre votre toute-puissance! Et qu'il est superflu de chercher les raisons de ce qu'elle veut! Vous rendez faisables les choses qui, selon la lumière de notre raison, semblent impossiblesCelui qui vous aime véritablement, ô mon souverain Bien, marche avec assurance, par un chemin large et royal, loin de tout précipice. Vient-il à chanceler, aussitôt, Seigneur, vous lui tendez la main; et si son amour s'adresse à vous et non au monde, une chute, ni même plusieurs, ne sauraient le perdre, car il chemine dans la vallée de l'humilité…
Tenons sans cesse nos regards attachés sur ce Dieu de bonté, et ne craignons pas que ce Soleil de justice se cache, ni qu'il nous laisse au milieu des ténèbres, en danger de nous perdre, si nous ne l'abandonnons pas nous-mêmes…

Vous pouvez lire le texte intégral de ce chapitre 35 de sa Vie en cliquant ici
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samedi 23 octobre 2010

Prière universelle 30° dimanche C


Prière universelle
30° dimanche ordinaire C

Refrain : Seigneur fais de nous des ouvriers de paix, Seigneur fais de nous des bâtisseurs d’amour.

- Donne à ton Eglise Seigneur, l’audace d’un cœur universel pour témoigner de toi dans ce monde. Que la parole humble et vraie des missionnaires de l’Evangile fasse naître la foi chez ceux auprès desquels ils sont envoyés. Nous t’en prions !

- Donne aux gouvernants et aux responsables sociaux et économiques le courage de faire la vérité au milieu des contradictions et des conflits de ce temps, pour conduire les peuples vers plus de justice et de paix. Nous t’en prions !

- Donne aux pauvres et aux exclus de nos sociétés la joie d’être soutenus et aidés par des frères au cœur bon, accueillant et généreux. Nous t’en prions !

- Donne à de nombreux jeunes de répondre avec joie à ton appel pour qu’ils partent annoncer à tous la bonne nouvelle du Royaume d’amour et de paix que tu veux construire avec eux. Nous t’en prions !

- Donne-nous de te servir et de te prier humblement et joyeusement, car tout ce que nous sommes vient de Toi, et tout ce que nous faisons est pour Toi. Nous t’en prions !

vendredi 22 octobre 2010

diaporama: fabrication des hosties au Carmel de Saint-Maur

Fabrication des hosties au Carmel de Saint-Maur

Thérèse d'Avila, vie 34, extraits



Thérèse d'Avila Vie, Chapitre 34, extraits


Avec l'Ordre du Carmel qui se prépare au V° centenaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus (d'Avila), nous vous proposons une découverte pas à pas de son autobiographie.

Malgré mes soins pour tenir la chose secrète, tout ne put se faire avec tant de mystère que quelques personnes n'en eussent connaissance; les unes y croyaient, les autres refusaient d'y croire. Je craignais beaucoup que mon provincial, à la moindre parole qu'on lui en dirait à son arrivée, ne me défendit de poursuivre mon dessein; car, à l'instant même, j'aurais tout abandonné. Voici de quelle manière Notre Seigneur y pourvut.
Dans une grande ville (Tolède), distante de plus de vingt lieues de celle où j'étais, une dame de qualité venait de perdre son mari, et son extrême affliction l'avait réduite en tel état, que l'on craignait pour sa santé…
Soudain elle fit toutes les démarches possibles pour m'avoir chez elle, et en écrivit au provincial qui était alors fort éloigné d'elle. Celui-ci m'envoya un ordre, en vertu de la sainte obéissance, de partir sans retard avec une religieuse de mes compagnes…
Tandis que je me recommandais instamment à Dieu, je fus saisie d'un grand ravissement, qui dura tout le temps ou presque tout le temps des matines. Notre Seigneur me dit de partir… il convenait pour l'affaire du monastère que je fusse absente jusqu'à la réception du bref, parce que le démon avait ourdi une grande trame pour l'arrivée du provincial, mais je ne devais rien craindre, car il m'aiderait… Il plut à Notre Seigneur de faire éprouver à cette dame tant de consolation auprès de moi, qu'elle commença aussitôt à se porter beaucoup mieux. Son âme se dilatait de jour en jour...
Il arriva alors en cette ville un religieux de haute naissance, avec lequel j'avais traité un certain nombre de fois plusieurs années auparavant (Père Garcia de Tolède). Comme j'entendais un jour la messe dans un monastère de son ordre, voisin de la maison où j'étais, l'ardeur avec laquelle je souhaitais qu'il fût un grand serviteur de Dieu, m'inspira le désir de connaître la disposition intérieure de son âme. Ainsi, étant déjà recueillie dans l'oraison, je me levai pour aller lui parler…


En le quittant, je me retirai dans l'endroit solitaire où j’avais coutume de faire oraison… je me souviens qu'après avoir demandé au divin Maître, avec beaucoup de larmes, d'enchaîner sans réserve à son service ce religieux que j'avais toujours estimé bon, mais que je voulais voir parfait, je lui dis sans détour: Seigneur, vous ne devez point me refuser cette grâce; considérez que c'est là un excellent sujet pour être de nos amis.
O bonté, ô condescendance infinie de Dieu! Il parait bien qu'il ne prend pas garde aux paroles, mais qu'il considère seulement les désirs et l'amour qui les dictent. Et il souffre qu'une pécheresse comme moi parle avec tant de hardiesse à sa Majesté! Qu'il en soit à jamais béni!
Quant à la grâce que j'avais demandée pour ce religieux, j'avais la confiance qu'elle lui serait accordée…il résolut de s'adonner désormais à l'oraison de la manière la plus sérieuse, sans toutefois en venir à l'exécution à l'instant même…
Toutes les fois qu'à partir de cette époque ce religieux s'est entretenu avec moi, sa parole m'a laissée comme ravie; si je n'avais vu de mes yeux ses admirables progrès, j'hésiterais à croire que Dieu lui ait fait en si peu de temps de si grandes grâces. Il est habituellement si absorbé en Dieu, qu'il parait mort à toutes les choses de la terre. Je prie la divine Majesté de le soutenir toujours de sa main. S'il travaille à se perfectionner de plus en plus, comme la profonde connaissance qu'il a de lui-même me donne sujet de l'espérer, il sera un des plus remarquables serviteurs de Dieu, et il rendra des services signalés aux âmes, par l'expérience qu'il a si promptement acquise des choses spirituelles.
Cette expérience est un don du Seigneur, qu'il accorde quand il lui plait et comme il lui plaît; le temps et les services n'y font rien. Je ne nie pas qu'ils ne puissent y contribuer beaucoup, mais je dis que souvent Dieu, dans l'espace d'un an, élève certaines âmes à une plus haute contemplation que d'autres en vingt années. Lui seul en sait la raison…Je ne dis pas qu'un savant qui n'est pas dans ces voies ne puisse conduire les âmes qui y sont, pourvu que dans les choses ordinaires, tant intérieures qu'extérieures, il se règle d'après les lumières de la raison, et que pour les surnaturelles, il se conforme à l'Écriture sainte. Pour le reste, qu'il ne se mette pas la tête à la torture, et ne se flatte pas d'entendre ce qu'il n'entend point…
O mon Jésus! qu'elle est puissante l'action qu'exerce une âme embrasée de votre amour! Quelle estime ne devons-nous pas faire d'elle! et avec quelles instances ne devrions-nous pas vous supplier de la laisser longtemps en cette vie! Quiconque brûle du même amour devrait, s'il le pouvait, s'en aller à la suite de ces âmes. Quel avantage immense pour un malade du divin amour, d'en trouver un autre atteint du même mal! Quelle consolation pour lui de n'être plus seul! Comme ils s'excitent l’un l'autre à souffrir et à mériter! Comme ils se fortifient dans la résolution d'exposer pour Dieu mille vies, et dans le désir de trouver l'occasion de la perdre effectivement pour son amour !… Souffrir, voilà le métier de ces âmes. Oh! quelle grande chose que de recevoir de Dieu la lumière, pour comprendre ce que l'on gagne à souffrir pour lui!...


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jeudi 21 octobre 2010

La feuille tombe, poème


La feuille tombe

La feuille tombe
parce qu’elle est
morte.

Plus que le vent
est forte
la mort.

Plus que la mort
est forte
la vie

Qui tient la feuille
à l’arbre
attachée

Quand le vent
de la vie
la fait danser.