Homélie du 14ème dimanche ordinaire — Année A
Carmel de Saint-Maur — Père Maurice Boisson

Se poser, c’est
arrêter de voler, comme un oiseau ou un avion qui se posent. On arrête, pour se
re-poser, repartir après avoir fait les pleins et les vérifications.
L’Évangile de
ce dimanche, « en ce temps-là », tombe bien pour « ce
temps-ci ». Jésus nous indique une aire de repos, un terrain pour se poser
: « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je
vous procurerai le repos. » Ce terrain d’atterrissage peut être tel ou tel
lieu favorable au ressourcement pour refaire ou fortifier ses forces physiques
et intérieures. Mais c’est surtout une manière d’être, d’être nous-mêmes, que
nous offre la présence du Christ. Il est toujours aussi présent « en ce
temps-ci » qu’il ne l’était « en ce temps-là », près de ceux
qu’il rencontrait. Présent à nos fardeaux, à nos situations humaines, à nos
bonheurs comme à nos à nos peines, nos fatigues et nos lassitudes. C’est une
énergie intérieure. Par Jésus le Christ, avec Lui et en Lui, Dieu notre Père
porte notre sac avec nous.
Nous ne sommes pas seuls. Bien sûr, il ne supprime
pas nos fardeaux d’un claquement de doigts. Comme sur un certain chemin,
conduisant à une auberge, il rejoint les marcheurs fatigués moralement, ils ne
savent même pas qui est cet inconnu mais sa présence réchauffe peu à peu leur
coeur et leur redonne courage. La
présence, le soutien d’amis peuvent alléger le poids du fardeau. Le Christ est
de ceux-là, qui porte, avec nous, notre sac. Il nous indique une manière de le
porter qui fasse moins mal aux épaules.
« Prenez
sur vous mon joug ». « Attelez-vous avec moi pour tirer la charrue ».
Cela sert à cela un joug : à ne pas être seul à tirer la charrette !
Pourquoi cette
invitation de Jésus à se poser en Lui ? « Venez à moi vous tous qui
peinez » car, parce que, « je suis doux et humble de coeur ».
« Vous trouverez le repos »
On connait bien
cette expérience : la douceur, l’humilité (les vraies, pas les malfaçons)
reposent, apaisent, quand on rencontre quelqu’un qui vit de cette douceur et de
cette humilité. De même que la sagesse nous apprend que celui qui ne se repose
pas fatigue les autres, de même la Parole de Dieu de ce jour nous dit que
douceur et humilité sont les qualités de Dieu, c’est le psaume : Le Seigneur
est tendresse et pitié, lent à la colère, plein d’amour et bon pour tous, il
redresse les accablés ». La première lecture nous présente le Seigneur
roi, monté sur « un petit âne gris, image d’évangile, vivant
d’humilité » comme le chante Hugues Aufray.
« Oui,
Père, ce que tu as caché aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits », il
s’agit de cette même attitude intérieure du coeur faite de douceur et
d’humilité, à laquelle Jésus nous invite « en ce temps-ci ». Une
paisibilité, une sérénité intérieures qui acceptent de se recevoir des
autres et de la présence du Christ,
cette part de joug nous permettant de porter et de tirer les fardeaux.
Puissions-nous
trouver, en ce temps qui nous est donné, un espace intérieur pour nous poser,
et être, à notre tour, des coeurs doux
et humbles, reposants pour les autres !
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