Père Farel Djembo, Congo Brazza

« Le
Seigneur rend justice aux pauvres et rassasie les affamés » (Ps 146,7) ce
sont les paroles qu’évoquait le pieux israélite. Marie n’est pas loin de cette
route lorsqu’elle confesse « Tu as comblé de bien les affamés » (Lc
1, 53). Ces paroles de foi semblent perdre leur teneur, leur ferveur aussi
quand la réalité du monde permet de voir le contraire c’est-à dire où un quart
de l’humanité vit dans des conditions de misère totale et chaque jour de
milliers d’enfants meurent de faim. Mais où est le Dieu qui habille le lis des
champs et nourrit les oiseaux du ciel ? Où est l’homme créé à l’image et à
la ressemblance de Dieu ? Qu’a-t-on fait de la Parole transmise, annoncée
et célébrée ? Ceci ne semble pas être seulement la situation de l’homme
comblé. Eux aussi riches et nantis peuvent se retrouver dans la tristesse, la
désolation et le désarroi et parfois seuls au milieu des gens. Car la joie
d’avoir, de posséder dure l’ombre d’un instant et plus vite surgit l’angoisse
de perdre, de se retrouver sans rien. Et il se crée un vide. Tout ceci conduit
à la recherche effrénée des biens, au cumul des richesses. Où et comment
trouver le pain qui rassasie et la joie qui ne finit pas ? A quoi cela
sert de courir vite si l’on ne sait où on va, à quoi cela sert de beaucoup et
trop amasser si l’on ne sait pas partager et regarder l’autre qui a besoin !
Comment ? Les chemins empruntés par
l’homme pour être heureux paraissent illusoires et même la recherche du miracle
à tout prix. L’Evangile de ce jour enseigne que le Seigneur ne veut nullement
se substituer à l’homme. La seule garantie que le Seigneur nous donne est le
fait que là où le cœur de l’homme a accueilli la Parole de vie, la Parole de la
vérité, l’Evangile de l’amour, là les cœurs se libèrent de l’égoïsme,
empruntent le chemin du partage dans une grande générosité et solidarité. Et
alors devant ces sentiments ou mieux ces vérités la faim du pain disparait et
la soif de l’amour est comblée. Et là le peu dont dispose l’homme reçoit les
rayons de bénédictions de Dieu. Ainsi chacun citoyen de la terre se trouverait comblé. Quand chacun mettra à
disposition la totalité de ce qu’il possède symbolisé par 5 pains et 2 poissons
qui font 7, symbole de totalité, de perfection. Si très vite notre attitude est
que chacun s’occupe de son sort, chercher à congédier la foule comme les
apôtres voilà les solutions rapides dont nous faisons montre si souvent. Il
faut mettre tout ce que l’on a reçu au service de la communauté : talents,
courage, intelligence et savoir et surtout Dieu qui rend perfectionne notre
agir. (Histoire du pauvre et du riche Lazare : 6+1=7).
Où ? Les lieux de la recherche du
bonheur divergent selon les personnes, les cultures, les aires géographiques.
Seulement tous parviennent à un seul sentiment que ces lieux recherchés ne
procurent pas le bonheur souhaité. La première lecture exhorte à l’écoute de la
Parole. Dieu offre son pain et sa Parole gratuitement et attend de nous une
confiance sans faille en ce qu’il promet. Le vrai lieu du miracle est l’homme.
L’homme « qui n’est pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun est
le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun est voulu, chacun est aimé, chacun est
nécessaire » (Benoit XVI, Homélie 24 avril 2005). Cet Evangile qui nous
permet de reconnaitre le Christ et celui qui l’a envoyé porte une lumière aux
faits qui viennent avant le meurtre de Jean Baptiste. Si comme dit le Curé
d’Ars le prix d’une danse c’est la tête de Jean Baptiste, aujourd’hui le prix
de la vie en communauté c’est le partage généreux de ce que nous avons reçu de
Dieu. Mettons-nous tous au service de l’homme et avec tout ce que nous avons
reçu dans une attitude d’offrande à Dieu qui bénit l’œuvre de nos mains et de
nos vies.
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