Quelques réflexions - 31 décembre
Carmel de Saint-Maur - Père Jean Marie Bouhans
Dans la lecture : « C’est la dernière heure », et ce n’est
pas un message de fin d’année. Si cette lettre de Jean est une homélie
post-baptismale, la dernière heure, c’est notre baptême ou bien encore notre
rencontre avec le Seigneur à la fin des temps. La dernière heure : rien à
voir avec les nouvelles de dernière heure, mais c’est plutôt l’invitation pour chaque
baptisé de trouver sa place à l’intérieur de la communauté.
Deuxième fait, Jean a forgé le nom d’anti-Christ, et il les définit comme « adversaires
du Christ » et plus loin comme « ceux qui refusent que Jésus soit le
Christ et donc ils renient à la fois le Père et le Fils ». Jean emploie 4
fois ce mot d’anti-Christ dans sa 1° lettre et une fois en sa 2° lettre. Ce
terme n’est employé nulle part ailleurs dans le NT. Le conflit est né dans la
communauté et vient d’une compréhension différente de l’incarnation du Christ.
Et l’auteur semble voir cela comme un fait positif : la mise au jour de ce
conflit permet de savoir qui est qui, et quelle place il se situe dans la
communauté.
« Celui qui est saint » est-il le Christ ? Et l’onction – « chrisma »
en grec – viendrait comme une résonance entre Christ et onction. Ou s’agit-il
de l’Esprit-Saint ? Les deux propositions sont possibles. Les croyants
confessent que Jésus est fils de Dieu en accueillant la vérité que l’Esprit
leur a révélé au plus intime d’eux-mêmes.
Tout comme l’évangile selon Jean, les tragédies antiques s’ouvrent par un
prologue qui dit ce qui est nécessaire avant que le récit ne commence. Le
prologue de l’évangile selon Jean permet de bien se situer pour saisir le sens
et la portée de l’évangile. Le Verbe commence sa mission dans un monde qu’on ne
saurait se représenter, bien avant l’origine du monde. Distinct de Dieu et
pourtant identique à lui. L’activité du Verbe apporte lumière et vie aux hommes.
C’est l’incarnation. Le témoignage de Jean le Baptiste suggère un événement
durable et localisable. Le Verbe est devenu chair. Il a habité parmi nous. Le
Verbe se manifeste auprès des croyants, ne reste pas en arrière mais passe devant
et Jean le Baptiste lui laisse la place. A suivre bientôt.
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