Homélie du 10ème Dimanche année B
Carmel de Saint-Maur —Père Maurice Boisson
La Parole de
Dieu de ce dimanche nous donne une idée à intégrer dans nos projets « ne
pas oublier de … » Il s’agit de ne pas oublier de prendre soin de notre
vie intérieure, de la consolider, de la re-visiter, comme un paysage qui ne se
voit pas, dit Saint Paul dans la 2ème lecture.
Notre vie
intérieure colore toute notre existence : notre façon d’être, de penser,
d’agir, nos choix, nos relations, nos activités. Notre vie intérieure nourrit
notre quotidien et lui donne sens. On n’a pas deux vies, l’une faite
d’activités extérieures et l’autre plus intérieure. Tout ce qui est notre vie
est animé par une âme, par ce qui nous habite profondément, là où nous puisons
l’énergie nécessaire pour exister vraiment. Et cette énergie nécessaire peut
manquer si nous ne faisons pas le plein de temps en temps, il peut y avoir des
pannes. Nous sommes invités à nous alimenter de l’intérieur : nos convictions,
nos valeurs, nos raisons d’être et de vivre, notre relation à Dieu, aux autres,
notre désir de bien, de bon.
L’être
intérieur, dit Paul dans la 2ème lecture se renouvelle de jour en jour. Il est
destiné à grandir, à se développer, tandis que notre extérieur, dit Saint Paul,
va se dégradant. On en fait l’expérience : ce qui se voit se modifie. On met
beaucoup de soi à se maintenir en forme et on a raison de ne pas mépriser notre
corps car notre corps, c’est nous. Et le temps de l’été, le changement de
rythme le permet. Mais n’oublions pas ce qui ne se voit pas mais qui
transparait d’une manière ou de l’autre.
Ce qui nous
habite profondément se voit, se sent. C’est ce qui est éternel, ce qui restera
de notre rencontre avec Dieu et de notre vie en Lui. Si notre corps, notre
apparence, les façades sont détruits, nous avons un édifice intérieur, dit
Saint Paul, construit par Dieu. Il ne sera jamais détruit même s’il peut être
délaissé, abîmé de notre vivant. Il résistera à la mort. Une demeure éternelle,
c’est la fin de la 2ème lecture.
N’oublions pas
d’entretenir, d’embellir, d’aérer, de rendre agréable notre demeure intérieure.
Nous sommes toujours exposés à la tentation des origines, racontée d’une façon
imagée par la 1ère lecture : la tentation de devenir non pas image de Dieu (à
celle-ci, il nous faut surtout
succomber) mais de devenir des dieux (avec un d minuscule) puissants, dominants
dans ce qui se voit.
Lorsque Dieu
appelle Adam dans le jardin, belle image de la Création, Adam reconnait qu’il
est nu et il a peur. Il ne s’agit pas d’une nudité corporelle. Il est nu en
lui-même, sans repère, sans but, sans consistance, sans relation (les deux
rejettent la faute sur un autre), sans défense, sans raison d’exister. Dans
cette situation, on a peur, sans intériorité, sans consistance de cette vie,
cette demeure intérieure, qui est la centrale de de notre être et de notre
façon d’exister. Ce peut être la nudité, le vide intérieur, sans une âme qui
fait la beauté et la bonté de l’être humain, notre beauté et notre bonté
intérieures, qui se voient sans se faire voir.
On profite
parfois de ce temps d’été pour faire tel ou tel travaux dans nos habitations,
ou les grands ménages, comme vous, mes Soeurs. N’oublions pas le message de ce
dimanche : profitons de ce temps pour prendre soin de notre vie intérieure et
l’embellir.
Que Jésus puisse ainsi dire de nous :
« Celui-là est pour
moi un frère, une sœur, une mère. »
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