mercredi 17 août 2016

Homélie Assomption de la Vierge Marie 2016



Homélie Assomption de la Vierge Marie 2016
Carmel de Saint-Maur – P. Maurice Boisson
Textes : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Ps 44 ; 1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56
Un jour, Jésus va visiter le Paradis. Il constate qu’il y a beaucoup de monde. Il en fait la remarque à saint Pierre : Il faudrait que tu réduises un peu les entrées ! Quelque temps plus tard, Jésus refait une visite. Il constate que rien n’avait changé : toujours autant de monde ! Cette fois, il se fâche et dit à saint Pierre de fermer les portes du Paradis. Jésus revient une troisième fois. Rien de changé, plein de monde dans le Paradis. Tu ne m’as pas obéi, dit-il à Pierre, je vais te licencier ! Saint Pierre, tout penaud, lui répond : Jésus, je t’assure que j’ai fermé les portes du Paradis, je t’ai obéi ! Mais voilà ! Tu devrais demander à ta maman de ne pas ouvrir les fenêtres !
Cette petite histoire gentille nous dit un peu ce qu’est la fête de l’Assomption. La Vierge Marie est entrée avec tout son être, corps et âme, dans le monde et le cœur de Dieu. Elle a eu accès en direct au monde ressuscité de son Fils, et elle nous y entraîne avec elle, nous qui sommes encore en chemin…

Marie n’est pas une déesse, elle est pleinement humaine comme nous, proche de Dieu et proche de nous. Elle ne garde pas pour elle cette assomption. Elle est ce que nous deviendrons, C’est la 2de lecture : nous, et tous les morts dans le Christ, nous aurons notre Assomption. Assomptés : veut dire prendre avec, assumer. Nous serons nous aussi assomptés, pris dans l’Amour de Dieu, avec tout notre être. Ça commence maintenant, si, comme la Vierge Marie, nous accueillons cet amour et le redonnons.
Cette fête du 15 août est la grande fête de l’été, la Pâques de l’été, fête de l’espérance, qui rassemble beaucoup de monde, de la petite chapelle aux grands sanctuaires… chacun retrouve en Marie une raison de vivre, d’espérer, d’aimer, d’être meilleur. On n’est pas dans les grandes théories, mais dans la proximité de la relation, avec quelqu’un, comme nous, qui a connu nos misères et nos joies, et de ce fait, peut nous comprendre et nous montrer un chemin, la première en chemin. Le chemin tout ordinaire de la vie, pas forcément facile, qui conduit à l’Assomption.
Ce chemin, c’est celui du Magnificat : qui jaillit d’une présence sur ce chemin. Une présence de tendresse, d’amour, de miséricorde, une présence qui fait des merveilles, non pas que nous soyons merveilleux, ni des merveilles, on le sait bien. Mais le don qui nous est fait de la vie, de l’Amour, au plus profond de nos fragilités, est riche, merveilleux pour nous, si nous savons l’accueillir et le redonner. C’est la 1e lecture : l’humble et frêle jeune Myriam est le signe qu’est vaincu la puissance du dragon, image de l’horreur, de la méchanceté, du mal. Elle a le soleil pour manteau ; couronnée d’étoiles,  la lumière, la beauté, la chaleur. Le don de l’amour en la Vierge Marie, et a chacun de nous, si nous le mettons à l’œuvre, gagnera sur les dragons de toutes sortes, qui détruisent.
Si la Vierge Marie ouvre les fenêtres du Paradis, c’est maintenant qu’elle le fait, le Paradis, on se le fait maintenant… avant d’ouvrir les fenêtres, elle ouvre les portes de nos cœurs qui empêchent la lumière, la chaleur, la rencontre. Ça n’a pas été pour elle sans questions, sans incompréhensions, sans inconnu, mais c’est la confiance qui a été plus forte, la disponibilité à autre qu’a elle-même, et l’humilité ; souvent dans le silence, sur un chemin qui finalement conduira à l’Assomption, à la réussite de sa vie et de tout son être.
En ces temps troublés et difficiles, cette fête nous dit qu’il y a dans les cœurs une réussite possible de la vie, une source dans les déserts, une étoile dans nos cœurs brumeux, une douceur dans la violence, un endroit où c’est un peu plus clair et où on peut pressentir que le jour se lèvera. Cette fête nous dit qu’il y a la présence de la grâce dans le cœur de chacun, parce qu’elle a été en Marie…
C’est pour ça qu’elle peut nous ouvrir les volets et les fenêtres au don de l’Amour de Dieu.


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